Biographie

P. SOULIKIAS

“Couleur, composition, intériorisation et poétisation du sujet traité pour la gloire de la nature canadienne et de toute nature”.

Tels sont les traits que les critiques d’art canadiens et grecs, comme d’ailleurs plusieurs peintres renommés, ont reconnus dans l’œuvre de Paul Soulikias dès 1965. Paul Soulikias a le don d’associer à la richesse du contenu thématique une forme artistique raffinée, transmettant la beauté esthétique de l’art avec un optimisme qui se fait hymne à la nature et à la vie. “Ce qui ne l’empêche pas, lorsque son sujet l’exige, de se faire réflectif et critique”.

P. Soulikias utilise volontiers toutes les matières, mais manifeste une nette préférence pour l’huile. Ouvert à une vaste thématique, il peint par ailleurs tous les sujets qui l’inspirent.

Paléologos (Paul) Soulikias est né à Komotini, en Thrace, en 1926, mais a été élevé à Volos, en Thessalie. Son père était originaire de Fanari, à Karditsa, et sa mère de Thrace orientale. Son enfance et son adolescence se sont déroulées dans le contexte difficile de l’Occupation Allemande et des années d’après-guerre. Cela fut un temps qui ne favorisait guère les études exigeantes et approfondies de la peinture, études dont il avait besoin afin d’exprimer une créativité poussée par ses aptitudes intellectuelles et artistiques innées.

Parmi ces aptitudes se détachaient l’intense perception optique intimement liée à une puissante pensée mathématique, ainsi que l’inspiration forte. C’étaient précisément ces qualités qui lui donnaient la force de dépasser les grands obstacles concernant l’étude de la peinture.

C’est ainsi que, immédiatement après l’Occupation, il trouve du travail et commence à étudier la peinture autant que le temps le lui permet. Il se confronte au départ seul à la nature, jusqu’à ce qu’il réussisse à rendre son sujet, tel un paysage ou un portrait. Mais, connaissant les exigences de la peinture, il veut être sincère avec cet art qu’il respecte, comme avec soi-même. Il se rend donc à Athènes où, tout en travaillant, il finit l’Ecole ABC, absorbant tout élément de connaissance de la peinture que celle-ci lui offrait.

Cette connaissance, il continue à l’enrichir par lui-même. Ainsi, il se rend prêt à entrer à ce qu’il appelle “la plus difficile de toutes les écoles, celle de la Nature”. C’est au sein de cette école qu’il acquiert sa maîtrise picturale et le pouvoir du rendu créatif de tout sujet.

Il lit parallèlement de la littérature, aime la musique et affectionne tous les arts.

En 1956 il se rend à Paris où il entreprend l’étude intense des grands peintres du Louvre. Il peint des scènes au bord de la Seine et fait connaissance avec d’autres artistes qui peignent à ses cotés.

En 1959, déjà peintre accompli, il part pour le Canada. La richesse des connaissances acquises, ses solides capacités spirituelles et son talent créatif vont lui permettre de “dompter” la nature canadienne et, à travers son expression artistique, de porter sur elle un “Regard Neuf”.

Les Canadiens découvrent l’œuvre de Paul Soulikias en 1965, date à laquelle il prend part à un concours de peinture organisé pour les néo-canadiens par la Ville de Montréal et où il obtient le premier prix. Le critique d’art Michael Ballantyne écrit alors:

“Le tableau le plus exceptionnel de l’exposition était un paysage de P. Soulikias auquel le jury a d’ailleurs décerné le premier prix… une toile remarquable, où l’on dénote une riche composition et un maniement à la fois sûr et intelligent de la couleur. L’artiste a manifestement le sujet dans le sang” (Montréal Star, 30 janvier 1965).

Ce prix et cette reconnaissance permettent à P.Soulikias de prendre part, au cours de l’été de la même année, à une nouvelle exposition organisée encore par la Ville de Montréal, mais cette fois pour les artistes de la province de Québec. Là encore, son œuvre se détache du lot. Le même critique d’art écrit maintenant:

“Le paysage laurentien de P. Soulikias est extrêmement séduisant, magnifiquement structuré et baigné des verts les plus doux et les plus plaisants que j’ai vus jusqu’ici. Monsieur Soulikias mérite d’être exposé au Musée des Beaux-arts de Montréal et j’espère que cet honneur lui sera fait bientôt” (Montréal Star, 10 juillet 1965).

Après le succès obtenu (et qui fut la première évaluation sérieuse de son œuvre), P. Soulikias consacre son temps libre de l’été 1965 à la peinture des montagnes laurentiennes, produisant ses fameux tableaux aux tons de vert. En décembre 1965 il expose ces œuvres à la Galerie de la Place. Cette fois le critique d’art Michael Ballantyne consacre à P. Soulikias un article entier, intitulé “A Fresh Look at the Laurentians”, se référant au regard neuf du peintre, son propre style personnel. Il exprimait en même temps sa surprise devant ce “regard neuf”. Il écrit, entre autres:

“J’entends des protestations venant du passé ? Les montagnes laurentiennes n’ont-elles pas déjà été peintes jusqu’à épuisement du sujet ? Je le croyais, moi aussi. Mais en réalité dans les tableaux de P. Soulikias nous avons un regard neuf, qui rend le familier non-familier et le commun inhabituel... Les harmonies des meilleures de ces œuvres sont ravissantes...” (Montréal Star, 4 décembre 1965).

Notons que les protestations venant du passé se réfèrent au rendu du paysage canadien par des peintres canadiens connus, tel le “Group des Sept” (The Group of Seven): J. Morrice, Mark-Aurel Fortin, et autres.

L’artiste se voit alors honoré par la Municipalité de Montréal lors d’une réception en son honneur où, en présence du maire, il signe le Livre d’Or de la Ville.

En 1966 il se marie avec l’éducatrice Hélène Kantza, qui, l’année suivante, reçoit sa nomination dans une petite ville près d’Ottawa. C’est alors que P.Soulikias se consacre entièrement à la peinture et reproduit le beau paysage canadien et l’hiver glacial.

Dès 1967, d’importantes galeries de Montréal, telles la Galerie Moose et la Galerie Gaurveau, ont pris de ses œuvres. En 1968 l’artiste commence son étroite collaboration avec la Galerie L’art français. Il expose à Montréal, Ottawa, Chicoutimi, La Ville de Québec, Rock Port (dans le Massachusetts) et commence à être plus largement connu au public.

A l’occasion d’une exposition individuelle à la Galerie L’art français, à Montréal, le critique d’art de la revue Vie des Arts, Hélène Quellet, écrit:

“... Travaillant surtout à l’huile, avec une couche picturale très mince, il crée des masses compactes où l’impression totale compte plus que le détail; arbres ou sapins, tout comme les collines et les nuages, sont traités d’une seule pièce et mis en valeur avec un sens très sûr de la composition et de la couleur. Il a des associations thème-couleur qui sont toujours très heureuses: ainsi, dans un paysage d’hiver appelé “Oka”, les blancs gris et les ombres mauves de la neige accentuent l’impression de froid glacial, tandis que dans “Shawbridge” par exemple, les tons chauds et lumineux décrivent bien l’automne nord-américain. … Il y a aussi des tableaux avec rues de villes (Provincetown), des natures mortes, portraits et autres compositions, comme l’Orchestre musical. Mais son sujet principal est indubitablement le paysage canadien. Par là, cet artiste européen renoue avec la riche tradition du Group des Sept et de tous ces artistes canadiens qui ont fait de la nature leur guide et leur inspiration” (Vie des Arts, n°63, été 1971).

En 1974 P. Soulikias a fait une exposition au Centre culturel M. Vaiannou, à Athènes. Des confrères ont alors exprimé leur admiration pour son travail et des critiques d’art ont écrit des louanges, comme cela peut se constater par les extraits suivants:

Le peintre et critique d’art Diana Antonakatou a écrit, entre autres:

“... Paul Soulikias a été capable non seulement de surmonter les difficultés occasionnées par les différentes expériences du Canada, mais aussi de représenter sans difficulté – bien au contraire, avec une liberté plastique, la nature canadienne. On se trouve devant une conquise... Ce qui nous impressionne tellement, c’est cette habileté artistique qui atteint quelquefois l’invention décorative –cf. les arbres– et ailleurs la sensibilité plastique de la neige. Avec une excellente connaissance des couleurs et de la composition, il ne s’est pas arrêté à l’invention primitive qui imite l’enfant quelles que soient ses connaissances. Bien organisée, chacune de ses compositions guide lisiblement nos sentiments vers une ascension agréable, avec une légère attente interrogative du candidement ’étrange’...” (Imerissia, 22 mars 1974).

Giorghos Panagiotou écrit:

“La caractéristique principale de Paul Soulikias est la savante utilisation de la couleur, des tons tous frais, pas du tout froids... pour une impression idéale de la nature canadienne... Cela se confirme dans le feu des rouges de l’automne, mais aussi dans le froid de la solitude et de la pureté qu’émettent les tons blancs de l’hiver. La seconde caractéristique picturale de Soulikias c’est le mouvement totalement équilibré de son espace. Connaisseur absolu de l’architecture intérieure de ses sujets, il glorifie par ses volumes sagement repartis la chaleur et le mouvement, la vie intérieure de l’espace laurentien et par conséquent de tout espace. L’art de P. Soulikias est un réveil pour l’amoureux des arts” (Théssalia, 6 avril 1974).

Zissis Aferim écrit:

“L’intérêt de Paul Soulikias se porte non par sur le détail, mais sur l’harmonie de la couleur. Une couleur envisagée comme une forme. Il simplifie, enlève ou ajoute avec pour critère la raison. Il joue avec la couleur de manière créative pour aboutir à une harmonie chromatique de rêve, qui nous surprend et nous apaise. Ses œuvres se situent quelque part entre la réalité et le rêve. C’est de la poésie. Soulikias est audacieux avec la couleur, et innovant. Toutes ces qualités l’élèvent à une position distincte dans l’espace pictural du Canada et de la Grèce” (Smyrna, avril 1974).

En 1976, durant l’été, P. Soulikias, accompagné de sa famille -sa femme Hélène et ses deux jeunes enfants, Kléa et Aristophane-, effectue une tournée sur la côte nord de l’Atlantique, en allant du Rock Port de Massachusetts, jusqu’au Maine, en passant par la Nouvelle-écosse, et en terminant par la vallée de Metapédia en Gaspésie. Pendant ces presque deux mois il peint des petits ports avec des bateaux pêcheurs ainsi que des villages côtiers de pêche, en rendant artistiquement les côtes de l’Atlantique Nord.

Cette même année il expose ses aquarelles à la Galerie Robert Rouiller, à Montréal, et remporte un vif succès.

En 1978, lors d’une exposition au Québec City, avec pour invités d’honneur l’ambassadeur de Grèce et le maire de la Ville, ce dernier offre à P. Soulikias une broche portant le symbole de la ville, en lui disant: “Monsieur Soulikias, dans vos peintures vous avez su rendre l’âme de notre paysage et de nos villages de manière poétique”.

Dès 1965, les œuvres de P. Soulikias sont exposées à des importantes galeries. Mais le contrat signé en 1974 avec la Galerie Dominion, l’une des plus renommées de l’Amérique du Nord, a été significative. Son propriétaire, Dr Max Stern, qui retenait pour sa galerie seulement quelques-uns des plus importants peintres Canadiens et d’autres grands noms de partout dans le monde, achetait et exposait continuellement les tableaux de P. Soulikias. Il croyait que: “P. Soulikias est un peintre de substance internationale...” (Secrets des artistes, 11 janvier 1975 et CBC TV, 25 novembre 1982).

En 1982 Dr Stern organise une exposition de P. Soulikias et du sculpteur Henry Moore. Il s’agit d’une exposition honorifique, à l’occasion du lancement d’un livre consacré au peintre, dans la série “Signatures”.

Les compositions exposées, avec des Mexicains provenant essentiellement de la population indigène, mettent en relief une évolution importante du travail de l’artiste. Une fois de plus, P. Soulikias montre sa facilité d’adaptation à un environnement physique et culturel différent; il sait rendre l’âme de son sujet.

Entre 1983 et 1985 viennent des expositions dans plusieurs villes du Canada, comme Montréal, Toronto, Edmonton, Vancouver, ainsi qu’à New York, à Boston et à Athènes.

L’exposition à Athènes a eu lieu en 1985 à la Galerie Kréonidès, 11 ans après sa première exposition dans cette même ville. A cette occasion, le critique d’art Béatrice Spiliadis écrit que la peinture de Paul Soulikias ressemble:

“...comme s’il jouait en sourdine... un instrument qui pourrait être sonore, il est pourtant discret, capable de suggérer toute l’émotion qui habite l’artiste... C’est la couleur qui l’exprime et c’est là que réside l’intérêt majeur de sa contribution plastique” (Eleftherotypia, 26 fevrier 1985).

A propos de la même exposition, le critique d’art connu Nikos Alexiou note entre autres:

“Paul Soulikias... n’est pas esclave du thème qu’il illustre... il modifie ce qu’il voit, refaçonne les choses selon les codes de son univers affectif afin d’en révéler la source poétique. La singularité de Soulikias réside dans le fait qu’il a réussi à trouver le juste milieu entre l’onirique et le réel” (Rizospastis, 9 mars 1985).

Dix ans plus tard, la Banque Nationale de Grèce, à l’initiative de son directeur, Mme G. Mirkou, organisa deux expositions de P. Soulikias en Grèce. La première a eu lieu à Athènes, à l’Hôtel Mélas, la deuxième au Centre Culturel de la Banque, à Thessalonique. A l’occasion de l’exposition d’Athènes, le critique d’art Dora Héliopoulou-Rogan écrivit:

“Loin des mouvements académiques, des “courants” et de l’utilisation monétaire de l’art, Soulikias s’exprime de sorte qu’il demeure toujours fidèle à lui-même. Faisant la sourde oreille aux sirènes des mouvements qui agitent périodiquement les arts, il s’efforce –comportement très rare de nos jours–, de créer, avec une modestie digne de louanges, une œuvre qui dévoile sa sensibilité personnelle, tout en faisant vibrer nos propres cordes intérieures. Cette communication à double voie le prémunit contre les artifices trompeurs, étrangers à l’art, et demeure le meilleur garant de la pureté de son oeuvre” (Magazine de la Banque Nationale, n°5, juin 1995).

Parmi les invités au vernissage de l’exposition de Thessalonique, l’ambassadeur du Canada en Grèce, Mr Derek Fraser, qui parla de la carrière artistique de P.Soulikias au Canada pendant plus de 35 ans et de sa contribution à l’art canadien.

La reconnaissance continue dont P. Soulikias jouit au Canada est évidente. En novembre 1996 a paru un deuxième livre consacré à son œuvre, sponsorisé par les sociétés ABB et Thirau. L’édition comprend les reproductions couleur d’environ soixante-dix tableaux, ainsi que plusieurs esquisses en noir et blanc. Cela fut une présentation très complète de l’œuvre du peintre.

La présentation du livre s’accompagne d’une exposition honorifique de 35 œuvres au Musée des Beaux-arts de Montréal.

En septembre 1997 P. Soulikias fait une exposition individuelle à la Pinacothèque de l’Ecole Polytechnique de l’Université Aristote de Thessalonique.

Cette exposition est produite par l’Organisme Capitale Culturelle de l’Europe ’Thessalonique ’97’, en coopération avec l’Ambassade du Canada à Athènes. Autre sponsor, en dehors de l’O.C.C.E.T. ’97’, est également la compagnie ABB Canada.

P. Soulikias a participé à plusieurs symposiums de peinture internationaux organisés par diverses villes du Québec, et jouit de l’estime de ses confrères de la province du Québec au Canada, ainsi que de plusieurs autres aux Etats-Unis.

Pour sa part, il a consacré plus de 35 années de son travail au Canada, en élaborant des compositions qui représentent paysages, natures mortes, portraits et divers autres sujets.

En 2004, lors d’une exposition honorifique organisée par la Municipalité de N. Ionia pour la célébration de l’Olympiade 2004, tout le panorama de sa création s’y est dévoilé.

L’exposition à la Municipalité de Sparte, en août 2005, a eu lieu à l’intention de sa femme Hélène, qui avait quitté Sparte en 1956.

Lors de l’exposition tenue à Montréal en octobre 2006, le critique d’art Robert Bernier a, entre autres, écrit: “Soulikias a plusieurs atouts dans son jeu…Il est un excellent peintre. Il a du métier. Il ne fait pas qu’étaler de la couleur sur la toile. Puis, il a depuis longtemps déjà une manière bien à lui de transposer la nature sur la toile. […] Et après plus de quarante ans de peinture, et en cette année où il célèbre son quatre-vingtième anniversaire de naissance, on peut affirmer sans se tromper que P. Soulikias a non seulement duré, mais qu’il a également laissé sa contribution personnelle à l’aventure de la peinture paysagiste du vingtième siècle au Québec… Et il continue.” (Parcours - Art & art de vivre, Automne 2006, Vol. 12, n°3).

Les tableaux de P.Soulikias sont exposés dans des galeries de Montréal et au Musée des Beaux-arts de Montréal. Ils se trouvent également dans plusieurs collections publiques ou privées, comme à la Municipalité de Montréal, au Reader’s Digest, aux compagnies Téléphone Québec, Gazoduc TQM, ABB et Thiro, à la Banque Nationale de Grèce et à d’autres, ainsi que dans des collections privées au Canada, aux Etats-Unis et en Europe.

 
 
 
 
 
 
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